Journées internationales d'Analyse statistique des Données Textuelles
7-10 juin 2016 Nice (France)
L'analyse des données langagières pour comprendre la manière dont les collégiens interagissent avec les artefacts techniques.
Leila El Allouche  1@  
1 : ADEF  -  Site web
RAVESTEIN

L'intégration de l'usage des moteurs de recherche sur Internet dans l'institution scolaire est encore balbutiant et mal formalisé. L'usage des outils de recherche par le jeune public scolaire devrait passer par une démarche de type socioconstructiviste afin de bien évaluer les degrés de pertinence des résultats grâce à une démarche rationnelle et planifiée. Au contraire, guidés par la très grande simplicité des interfaces, les jeunes collégiens, dans un contexte technique de labilité des artefacts, apprennent d'abord à interagir avec l'outil. En effet, familiers des robots de recherche dans leur espace privé, ils les utilisent avec peu de discernement, ils ignorent à peu près tout des techniques de référencement ou encore d'usage des traces d'activité. Une observation empirique montre un enchaînement de tâches qui se répètent de manière successive et prévisible. La démarche documentaire ou l'activité qu'ils déploient est avant tout d'être interactifs. Pourtant ils butinent à l'intérieur des résultats et c'est ce « butinage assisté par ordinateur » qui, par bouclage, sert de support à leur stratégie de recherche.

Ces « grammaires d'usage » élaborées en situation constituent bel et bien des obstacles à une rationalisation du maniement des moteurs. Forgent-elles tout de même une activité cognitive ou demeurent-elles une expérience phénoménologique, une rencontre d'une variété de contenus responsable de comportements routiniers ?L'observation d'un groupe de 50 collégiens en situation de recherche sur trois types de questions nous a montré que les jeunes adolescents se livrent à un travail de reformulation qui fait suite à la lecture des résultats. Les collégiens observés déploient une activité de symbolisation à partir des données de contexte.

 Or si nous avons pu éclairer par l'analyse des traces d'activité, les grammaires d'usage, la compréhension des relations entre l'élève et son environnement, la généralisation des résultats empiriques restent problématiques. Quelle place accordée à l'expérience ? Doit-elle demeurer descriptive ou être attachée à l'environnement en particulier à la lecture des données ? Comment construire le sens de cette activité ?

 Nous avons effectué une analyse de la production langagière des adolescents car en effet, c'est à travers la langue que les élèves expliquent, donnent une signification à leur action, élaborent les règles qu'ils se donnent. La relation au milieu contribue par le langage à une activité de symbolisation. Nous émettons l'hypothèse que les élèves donnent du sens à leur action, forgent leur expérience par l'usage du langage. A travers l'expérience des formes langagières ils mettent en jeu leur patrimoine. Nous avons choisi d'interroger nos catégories interprétatives en postulant la langue comme force coercitive. Puisque l'élève désigne une réalité présente avec des mots chargés de mémoire, il nous a donc semblé intéressant de mesurer toutes les variations des formes lexicales, l'hétérogénéité langagière comme des données de description de l'activité. Une analyse aidée d'un programme de traitement statistique des données textuelles. La mesure des variations des formes langagières montre une altération de l'activité de lecture, les emplois de regarder et voir décline l'activité de lire et montrent que les élèves interagissent avec les données produites en contexte.



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